Une fiche produit écrite par un outil sans information se reconnaît en trois lignes. Elle ouvre sur une phrase décorative, elle aligne des adjectifs, et elle ne dit ni la matière, ni la mesure, ni le prix. Le client ne sait pas expliquer pourquoi elle sonne faux, mais il le sent, et il passe à autre chose.
Le problème n'est presque jamais l'outil. C'est la matière première qu'on lui donne, ou plutôt qu'on ne lui donne pas. Ce qui suit est une méthode en quatre étapes, dans cet ordre : rassembler la matière brute, écrire votre voix une fois, traiter par lots de dix, relire en trois passages.
Le problème n'est pas l'outil, c'est ce que vous lui donnez
Voici le test qui tranche. Prenez une fiche générée, masquez le nom de la boutique et le nom du produit. Demandez à quelqu'un de deviner d'où elle vient. Si la réponse est « aucune idée », le texte est interchangeable — et il le restera, quel que soit l'outil utilisé.
Un outil génératif ne connaît pas votre atelier, votre stock, vos clients. Quand vous ne lui donnez rien, il pioche dans la moyenne de ce qu'il a lu : des catalogues étrangers, des sites de e-commerce, des textes publicitaires. Il en sort un texte propre, correct, et vide. Ce n'est pas un défaut de l'outil, c'est le résultat logique d'une entrée vide.
Ce style par défaut laisse des traces visibles. Il parle de soldes d'hiver, de livraison partout en quarante-huit heures, de saisons qui ne sont pas les vôtres. Il emploie « panier » pour un panier d'achat et propose des tailles qui ne correspondent pas à votre stock. Ces détails suffisent au client pour comprendre que personne n'a relu la fiche avant de la publier.
Une fiche utile répond à trois questions, dans cet ordre. Qu'est-ce que c'est. Combien ça coûte. Est-ce que ça correspond à ce que je cherche. Tout ce qui ne sert pas ces trois questions est du remplissage, et le remplissage se voit.
Étape 1 — Rassembler la matière brute
Avant d'ouvrir l'outil, préparez une ligne par produit. Six colonnes, pas plus. Cette étape prend une vingtaine de minutes pour dix produits, une fois dans la vie du catalogue.
| Colonne | Ce qu'on y met | Exemple |
|---|---|---|
| Produit | Le nom exact que vous utilisez en boutique | Sac cabas en cuir |
| Caractéristiques | Matière, dimensions, poids, finition | Cuir de vachette, 38 x 28 x 12 cm, doublure coton |
| Prix et contenu | Le prix en FCFA et ce qui est inclus | 12 000 FCFA, bandoulière amovible incluse |
| Préparation et livraison | Délai de préparation, zones, frais | Prêt en 24 h, Abidjan 1 000 FCFA, intérieur 2 000 FCFA |
| Usage réel | À quoi ça sert, pour qui | Transport quotidien, tient un ordinateur de 14 pouces |
| Questions de boutique | Les trois questions posées avant l'achat | Est-ce qu'il passe en cabine ? Le cuir se patine ? |
La dernière colonne est celle qui change tout, et c'est celle que personne n'écrit. Ce sont les questions qu'on vous pose au marché ou en boutique, juste avant de payer. Elles indiquent exactement ce que le client veut lire dans la fiche, et elles ne se trouvent sur aucun site concurrent.
Rien de tout cela ne s'invente. Le prix, vous le connaissez. Les dimensions sont sur l'étiquette. Le délai, vous l'annoncez déjà au téléphone. Vous ne créez pas d'information : vous la posez par écrit, une fois, à un endroit où vous la retrouverez.
Étape 2 — Écrire la fiche de votre voix
Sans cette étape, vous obtiendrez un texte correct qui ne ressemble à personne, et vous devrez tout réécrire à la main. L'exercice prend vingt minutes une seule fois, et il sert pour tout le catalogue, y compris pour les fiches que vous écrirez dans six mois.
Prenez trois textes que vous assumez déjà : une publication qui a bien marché, un message envoyé à un client, une description dont vous êtes content. Relisez-les en cherchant les mêmes choses, et notez vos réponses.
Les huit lignes de votre fiche de voix
- La longueur des phrases : plutôt courtes, ou plutôt longues ?
- Comment vous nommez le client : « vous », « cher client », son prénom ?
- Comment vous parlez de vous : « nous », « je », ou pas du tout ?
- Trois mots que vous employez souvent.
- Trois mots que vous n'employez jamais : souvent « exceptionnel », « incontournable », « premium ».
- Comment vous annoncez un prix : directement en FCFA, ou après une phrase de présentation ?
- Comment vous traitez un défaut du produit : vous le dites, ou vous l'omettez ?
- Une phrase qui revient dans vos messages, même banale.
Cette fiche de voix se colle dans les instructions avant chaque lot. C'est elle qui empêche l'outil de repartir sur son style par défaut, à chaque nouvelle session.
L'écart, sur un même produit. Style par défaut : « Découvrez notre magnifique sac cabas en cuir, un accessoire incontournable qui allie élégance et praticité. » Avec vos informations : « Sac cabas en cuir, 38 cm, tient un ordinateur de 14 pouces. Se porte à l'épaule ou en bandoulière. Prêt en 24 h. » La seconde dit moins de choses flatteuses et deux fois plus de choses utiles.
Étape 3 — Traiter par lots de dix
Dix fiches, pas cent. Dix résultats à corriger vous apprennent plus que cent résultats à survoler, et une erreur de consigne se rattrape en trois minutes sur dix fiches.
La consigne se construit en quatre blocs, toujours dans cet ordre : le rôle, la matière brute, la voix, les contraintes de format. Écrite une fois, elle se réutilise telle quelle pour tous vos lots.
« Tu écris les fiches produits d'une boutique d'accessoires en cuir à Abidjan. Informations brutes du produit : [coller la ligne du tableau]. Notre façon d'écrire : [coller la fiche de voix]. Écris une fiche de 90 mots maximum : un titre de six mots, une description en phrases courtes, quatre caractéristiques en liste. Utilise uniquement les informations fournies. Si une information manque, ne l'invente pas et signale-la à la fin. N'emploie aucun adjectif d'appréciation. »
Le découpage du temps, sur un lot de dix fiches : vingt minutes pour préparer la matière brute, quinze minutes pour produire les dix, trente minutes de relecture, dix minutes pour corriger ici et là. Une heure et quart, contre trois heures vingt en partant de zéro pour chaque fiche.
Une règle de conduite pendant le lot : lisez les trois premières fiches avant de laisser filer les sept autres. Si la troisième est encore générique, ne corrigez pas la fiche — corrigez la consigne. Le défaut est presque toujours dans la matière brute incomplète ou dans la fiche de voix oubliée.
Ce que l'outil signale comme manquant vaut de l'or. Chaque information absente devient une ligne à compléter dans votre tableau, et souvent une question que vos clients poseront. Une fiche qui porte la mention « information à confirmer » est moins utile qu'une fiche complète, mais elle vaut mieux qu'une fiche qui invente une dimension.
Étape 4 — Relire en trois passages
La relecture n'est pas un survol, c'est un contrôle. Trois passages, avec un objet différent à chaque fois, et un critère de décision pour chacun.
Passage 1, les faits. Chaque chiffre se vérifie contre son étiquette, son bordereau ou votre tableau : prix, dimensions, poids, délai, frais de livraison. Le critère est net — un chiffre que vous ne pouvez pas vérifier sur une source se supprime, il ne se corrige pas.
Passage 2, la voix. Lisez à voix haute. Si vous ne diriez pas cette phrase à un client au téléphone, elle sort. C'est le passage qui prend le plus de temps, et c'est celui qui distingue une fiche de votre boutique d'une fiche interchangeable.
Passage 3, le client. La fiche répond-elle aux trois questions — qu'est-ce que c'est, combien, est-ce que ça me correspond — et aux questions de la sixième colonne de votre tableau ? Si une réponse manque, la fiche n'est pas finie, même si elle est bien écrite.
Comptez trois minutes par fiche en relecture, soit trente minutes pour un lot de dix. Ce temps reste la part la plus rentable du travail : c'est celui qui évite le message gênant du client qui a commandé le mauvais format.
Un dernier test, celui du client pressé. Lisez la fiche sur un téléphone, en diagonale, comme le ferait un visiteur dans le bus. Si les informations qui décident de l'achat — le prix, la mesure, le délai — n'apparaissent pas dans les premières lignes, réorganisez la fiche avant de la publier.
Les cinq signes d'une fiche générique
Ces signes se repèrent en trois secondes. Prenez-les comme une grille de contrôle, et corrigez dans cet ordre.
- L'ouverture décorative. Les premières lignes parlent du monde, de l'élégance ou de la passion, et pas du produit. Corrigez en supprimant l'ouverture : la première phrase informative devient la première phrase, point.
- Les adjectifs sans information. Exceptionnel, tendance, haut de gamme, soigné. Chacun remplace une mesure par un jugement. Remplacez chaque adjectif par un fait — une matière, une dimension, un poids — ou supprimez-le.
- L'absence de mesures. Pas de centimètre, pas de gramme, pas de contenance. Un client qui ne peut pas se représenter l'objet n'achète pas en ligne. Ajoutez une ligne de mesures, même approximative.
- Le prix absent ou noyé. Quand le prix arrive en fin de paragraphe, dans une phrase longue, le lecteur suppose qu'il est élevé. Écrivez-le en clair, avec ce qui est inclus dans le montant.
- Aucune question du client reprise. La fiche parle du produit, jamais de ce qui bloque l'achat. Terminez par la réponse à la question la plus posée en boutique.
Une fiche qui passe ces cinq contrôles n'est pas une grande fiche. C'est une fiche normale, et c'est exactement ce que la plupart des catalogues n'ont pas : des informations vérifiables, écrites dans une langue que le client comprend.
Ajoutez un sixième contrôle, le plus rapide à faire : comptez les chiffres présents dans la fiche. Une fiche qui ne contient aucun nombre — aucune mesure, aucune durée, aucun montant — n'informe pas, elle décrit une impression.
Ce qu'il faut retenir
La qualité d'une fiche produite avec un outil dépend presque entièrement de ce que vous mettez dedans : une ligne par produit, six colonnes, la voix de la boutique écrite une fois, et les questions que vos clients posent avant de payer.
Sans ces éléments, l'outil remplit le vide avec du style. Avec eux, il met en forme ce que vous savez déjà — et il le fait sur dix fiches en une heure et quart, relecture comprise.
La même matière première sert ensuite ailleurs : elle alimente les réponses fréquentes et l'agent qui répond sur votre site, comme le décrit ce que l'IA peut vraiment répondre. Et si vous voulez savoir quelles autres tâches se traitent de la même façon, commencez par celles qui font gagner du temps de façon mesurable, dans l'esprit de ce que l'IA générative change concrètement pour une PME.
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Combien de fiches faut-il traiter en une fois ?
Dix, pas plus. C'est le volume qui permet de repérer une erreur de consigne sur les trois premières fiches et de corriger le lot suivant. Au-delà, vous produisez du volume que vous ne relirez pas vraiment, et le défaut se répète à l'identique sur toute la série.
Est-ce que la méthode tient pour un catalogue de deux cents produits ?
Oui, en répétant vingt lots de dix, mais rarement d'un seul tenant. La contrainte réelle n'est pas la production, c'est la matière brute : les dimensions, les délais et les questions clients se rassemblent produit par produit. Comptez une vingtaine de minutes de préparation par lot.
Faut-il afficher les prix dans les fiches ?
Oui, avec ce qui est inclus dans le montant. Un prix affiché évite les conversations qui se terminent sur un écart de budget, et il filtre les visiteurs qui ne sont pas votre client. Si vos tarifs bougent trop souvent pour être affichés, indiquez une fourchette et la date à laquelle elle a été mise à jour.
Un texte produit avec un outil est-il pénalisé par Google ?
Il n'existe pas de pénalité automatique liée à l'usage d'un outil. Ce qui est pénalisé, c'est un contenu sans valeur ajoutée, identique à celui d'autres sites. Une fiche qui contient vos mesures, vos prix, vos délais et les questions de vos clients apporte une information qui n'existe nulle part ailleurs.
Mon produit est identique à celui du concurrent, que dire de plus ?
Ce qui diffère, ce n'est pas le produit mais tout ce qui l'entoure : le délai de préparation, la zone de livraison, ce qui est inclus dans le prix, la manière de traiter un échange, la réponse à la question que le client pose avant d'acheter. Ces éléments ne se copient pas, et c'est eux qui font la différence dans la fiche.
Combien de temps pour dix fiches, au total ?
Comptez une heure et quart : vingt minutes de préparation de la matière brute, quinze minutes de production, trente minutes de relecture, dix minutes de corrections. La préparation n'est à refaire que lorsque le produit change, pas à chaque nouveau lot.